jeudi 7 septembre 2017

New Perspectives on Translanguaging and Education



I have just read the book “New Perspectives on Translanguaging and Education”, edited by BethAnne Paulsrud, Jenny Rosén, Boglárka Straszer and Åsa Wedin (Multilingual Matters – Bilingual Education and Bilingualism: 108, 2017). This book is absolutely fascinating and I would highly recommend it to any person who is working with bilingual children whether in a crèche, a primary school, a secondary school or any other educational groups and/or associations welcoming bilinguals. It gives a new light on translanguaging with examples from the English-speaking world and Scandinavian countries mostly. Those can be applied anywhere.

Divided in 13 chapters, plus an epilogue, this book explains the advantages of learning and teaching using translanguaging, mostly in local situations where the monolingual model is very important. Each chapter, written by various lecturer, researchers and university Professors, looks deeply into the experiences of different level of education, different systems and different countries. We get a really in-depth view of how translanguaging can work to help the learners use all their language abilities. It is quite interesting to see how language and languaging are being described and use. Languaging being the ability to use all the manner you have to express yourself, whereas languages are seen as different tools, as a resource to language yourself. 
Translanguaging is seen as a new way to challenge the monolingual educational systems. For example, Jenny Rosén looks at translanguaging in the Swedish education policy where, even if the country is having a minority speaking Sami, the Swedish language is still prominent in the curriculum and teachers are like soldiers following the “orders” they are given. In another chapter, Latisha Mary and Andrea S. Young are studying how translanguaging helps the young migrant or bilingual children to enter pre-school in monolingual country. Children feels then safe. Translanguaging creates a social space for those children to feel confident. The teacher is then acknowledging the children’s linguistic knowledge and skills. It is contrary to immersion. 
Many teachers do not have training on how to support children who speak other languages and the translanguaging method allows them to bridge between the distance which could be there in terms of languaging. Kirsten Rosiers sees translanguaging as a scaffold among teachers and pupils. The many examples she gives in her chapter are really helping to understand her views. Anna Slotte and Maria Ahlholm are looking at the role of translanguaging to acquire concepts. As a pedagogy, translanguaging is opening new doors, and we should look at language ecologies to be able to use it better. Translanguaging is not putting hierarchy on languages, looking at languaging rather than languages. It is a great tool.

It is difficult for me to summarise every single chapter as it would really be too long of a review.
I warmly recommend to any person who has bilingual children or children using another language at home to read this book. It is an eye opener, with many ideas, examples and concepts. 


PS: I am holding workshops on translanguaging – Multilingual Matters will offer a discount on some of their books to those attending them. More info at: info@jeux2langues.com or multilingualcafe@gmail.com 

dimanche 2 juillet 2017

Passer un entretien d'embauche en plusieurs langues



Passer un entretien d’embauche en plusieurs langues…


Panique à bord !! Vous avez été convoquée à un entretien d’embauche, mais vous ne savez pas en quelle langue il va se dérouler. D’ailleurs, il pourrait même se dérouler en plusieurs langues. Alors, comment se préparer sans stresser et aussi sans paniquer le jour j. Restons calme ! Je vous donne ici quelques trucs tout simples.

Commençons par être positive, vous avez été convoquée, c’est parce que vous correspondait au profil recherché et aussi parce que vous parlez plusieurs langues, vous êtes donc déjà bilingue ou plurilingue. C’est votre atout ! Il faut savoir jouer avec ses cartes pour être gagnante. C’est bien là la règle du jeu !!

Mais vous ne vous sentez pas à l’aise, vous ne savez pas dans quelle langue l’entretien va se dérouler… tout est dans la stratégie. Comme toute bonne Française, vous vous dites, mais je suis nulle en langues !!!
Laissez-moi vous donner quelques trucs, pour mettre tous les atouts de votre côté et décrocher le job :

Préparez votre cv en plusieurs langues ! Pourquoi ? Cela vous permettra d’avoir le vocabulaire en lien avec vos expériences. Vous serez ainsi prête, si votre interlocuteur change de langues. Surtout, demandez à une personne native de jeter un coup d’œil, pour que ce soit parfait !

Préparez votre présentation dans toutes vos langues ! Pourquoi ? Cela vous permettra de savoir parler de vous dans d’autres langues. Répétez en plusieurs langues ce que vous aurez à dire. Comme vous allez devoir parler de vous, de vos expériences, de vos études, soyez prête !! Faites-vous des fiches en plusieurs langues avec les éléments importants des entretiens d’embauche et relisez-les plusieurs fois. Prenez des fiches de couleur et choisissez une couleur par langue.

Préparez-vous aux différences interculturelles ! Pourquoi ? Lors d’un entretien d’embauche, la personne que vous aurez en face de vous ne connaît pas nécessairement les bonnes manières françaises, mais à vous à connaître les bonnes manières de son pays. Informez-vous donc sur ce qu’il faut et ne faut pas faire.

Préparez des listes de vocabulaire en plusieurs langues ! Pourquoi ? C’est aussi un moyen d’apprendre les mots dont vous pourriez avoir besoin, d’avoir les termes techniques de certaines des formations que vous avez suivies – vous n’aurez pas nécessairement détaillé ces formations sur votre cv, mais soyez prête. Vous ne serez ainsi pas prise au dépourvu si votre interlocuteur vous demande de parler de manière plus approfondie d’une d’entre elles, car elle correspondrait au domaine dans lequel vous pourriez travailler. Ne négligez pas cette recherche de vocabulaire car cela vous permettra de montrer que vous savez de quoi vous parlez. Vous pouvez ajouter ce vocabulaire à vos fiches.

Préparez-vous en parlant à voix haute et en changeant de langue ! Pourquoi ? Il faut être prête à changer de langue, si votre interlocuteur le fait. Pas facile me direz-vous !! Alors, il faut d’entrainer !! Comment ? Par exemple, en parlant une langue dans la cuisine, en changeant de langue en montant les escaliers, et en changeant à nouveau quand vous vous asseyez. Pas évident et bizarre, oui, peut-être, mais avec le temps et la pratique, cela ira de mieux en mieux. C’est comme la gymnastique, c’est une question de pratique. Cela vous donnera aussi confiance. N’ayez pas peur de mélanger au départ, mais vous verrez, en vous concentrant, cela ira de mieux en mieux.

Préparez-vous aussi en français ! Pourquoi ? Et oui, il ne faut pas oublier sa propre langue maternelle, votre interlocuteur la parle aussi sûrement parfaitement. Il serait dommage de faire des erreurs en français à cause du stress de l’entretien.

Alors voilà, préparez-vous du mieux possible. Vous faites partie des chanceuses qui sont capables de le faire, alors soyez fières de vous et foncez !! Si je peux vous aider, n’hésitez pas non plus à m’appeler…

vendredi 19 mai 2017

Lettre aux grands-parents qui ont des petits-enfants bilingues....




C’est bientôt l’été, l’époque des retrouvailles. Et en tant que grands-parents vous attendez avec impatience le plaisir de retrouver vos petits-enfants qui habitent à l’autre bout du monde ou qui habitent à l’étranger parce qu’ils ont un papa ou une maman qui n’a pas la même origine que vous.
Vous êtes tellement ravis que les petites générations de votre famille soient capables de parler d’autres langues que votre langue maternelle, mais vous vous posez un certain nombre de questions. Vont-ils me comprendre ? Savent-ils parler ma langue ? Qu’allons-nous pouvoir faire ensemble ? Dois-je apprendre l’autre langue qu’ils parlent ? Toutes ces questions sont bien légitimes. Laissez-moi vous rassurer et vous donner quelques trucs pour que tant vous que vos enfants et petits-enfants vous passiez des moments inoubliables ensemble.

Tout d’abord, je pense qu’il ne faut pas vous affoler, tout va bien se passer. C’est à vous, en tant qu’adulte, de montrer votre fierté d’avoir des petits-enfants bilingues, sans pour autant les prendre pour des singes savants. Ne les prenez pas chez vos amis pour leur montrer qu’ils savent parler plus d’une langue. Ne passez pas votre temps à leur demander de dire des choses dans l’autre langue. Vos petits-enfants sont des êtres humains, parler plusieurs langues est pour eux tout à fait normal, quand ils viennent vous voir et que vous rencontrez d’autres personnes, ils n’ont pas envie d’être le centre d’attention. Ils ne sont pas différents des autres enfants. Vous risqueriez rapidement de briser la confiance qu’ils pouvaient avoir en vous, mais aussi la confiance qu’ils ont dans les langues qu’ils parlent. Ils comprennent aussi certainement plus qu’ils n’en ont l’air. Alors par exemple, si vous trouvez que leur accent en français est mignon, ne faites pas la réflexion devant eux. Ne dites rien. Vous risqueriez là-aussi de les stopper et de faire qu’ils ne vous parleront pas ou peu. Ils ne sont pas là pour être montrés en exemple, ou pour être admirés, ils sont là pour apprendre à être avec vous, à découvrir qui sont leurs grands-parents, d’où ils viennent. Vous êtes leur héritage.

La communication, si vos petits-enfants ne parlent pas aussi bien français que vous l’escomptiez, peut s’avérer un peu compliquée, mais quelques trucs pourront vous aider et les mettront en confiance. C’est aussi avec vous et grâce à cette confiance qu’ils amélioreront leur français. La relation que vous allez créer est donc des plus importantes.

Comment faire alors si vos petits-enfants parlent une langue que vous ne connaissez pas ? Il faut essayer de passer au-dessus de cette barrière de la langue, parce que la relation est bien plus importante. Ce ne sera pas nécessairement facile et cela sera certainement frustrant, mais montrez-vous patients. Armez-vous de patience et d’amour. Il faut essayer de créer des liens qui leur donneront envie d’apprendre mieux le français. Il faut trouver des occasions pour parler la langue. Vos petits-enfants, même s’ils ne parlent pas français, ou peu, ou pas correctement, ont entendu cette langue. Ils ne savent peut–être pas bien l’utiliser, mais peu importe. Passez du temps avec eux. Racontez-leur des histoires, les histoires de la famille, racontez-leur qui étaient leur parent. Un autre exemple : vous aimez cuisiner, et bien, pourquoi ne pas leur proposer de vous aider et faites-le en parlant, en leur parlant et en les faisant parler. Montrez également un intérêt pour l’autre langue qu’ils parlent en apprenant des mots, des phrases. La communication se fait dans les deux sens.

Le rôle des grands-parents, c’est aussi d’être un modèle pour les petits-enfants. Si vous interagissez avec eux, ils auront du plaisir et auront envie de communiquer avec vous dans votre langue, qu’ils connaissent plus ou moins bien, suivant que ses parents la lui ont transmise ou non. C’est à vous de faire l’effort, de leur tendre la main pour qu’ils viennent vers vous. Ayez confiance !! Faites-leur confiance.

PS : Peut-être pouvez-vous essayer de discuter avec eux via Skype pendant l’année, de leur lire des histoires via Skype… Il faut repenser la communication autrement. C’est un défi, mais vous n’en aurez que du plaisir.

N’hésitez pas à revenir vers moi si vous aviez des questions ou des doutes, je serais ravie de vous aider et de vous guider.

Isabelle Barth

Jeux 2 Langues


English translation.... on this site

mercredi 29 mars 2017

La lecture et les livres bilingues






Vous partez vivre à l'étranger…
Comment maintenir la lecture en français chez vos enfants ? C'est une très bonne question. 

Quand nous partons à l’étranger, on se pose beaucoup de questions. On prépare beaucoup pour que nos enfants se sentent bien et puissent progresser. Et puis arrive l’heure des devoirs et de la lecture. Comment faire ? Dans quelle langue ?
Commençons par la lecture. Quel livre allons-nous choisir ? Dans quelle langue devons-nous lire ? Qui doit lire ?
Les questions sont nombreuses et toutes aussi importantes les unes que les autres. Je pense qu’il faut lire une histoire qui plaît. C’est le point de départ le plus important, surtout quand il est petit. Si le thème lui plaît, il aura plaisir à vous écouter et à participer à ce moment de lecture. Avec le temps et en grandissant, vous pourrez l’introduire à d’autres livres, d’autres histoires. Il faut d’avoir l’habituer à aimer lire. 

Ensuite, quand on vit à l’étranger, si Papa et Maman parlent la même langue, il faut lire dans cette langue. Pas la peine d’essayer de lire dans une langue que l’on ne maîtrise pas bien. C’est important de lire dans sa langue maternelle car cela permet de garder la pratique de cette langue, mais aussi et surtout de pouvoir la lire et la parler facilement et avec aise. On oublie trop souvent que les langues sont vivantes et qu’elles peuvent mourir – n’avons-nous pas tous étudier des langues dites mortes ??  
Si Papa et Maman parlent des langues différentes, il est bon d’alterner. Une fois dans une langue, une fois dans l’autre. Attention : chacun sa langue !! Pourquoi ? Assez simple parce que Papa n’a peut-être pas la bonne musique de la langue de Maman et inversement. Lire à haute voix quand on n’est pas sûr de la prononciation et des intonations peut faire plus de dégâts qu’autre chose. Il vaut mieux ne pas lire dans une langue que l’on ne maîtrise pas, plutôt que d’essayer et de se planter.

Certains nous diront, puisque nous sommes en expatriation et que nous souhaitons que nos enfants apprennent les langues, pourquoi ne pas prendre des livres bilingues ? Personnellement, je ne pense pas que ce soit une bonne solution. Je m’explique. Tout le monde sait à quel point la lecture est importante :

  • elle est importante parce qu'elle permet de créer des liens entre l'enfant et le parent qui lit
  • elle est importante pour le développement de la compréhension de la langue
  • elle est importante pour apprendre de nouveaux mots
  • elle est importante pour découvrir la culture derrière les mots


Un livre est unique. Il correspond à une culture, celle de l’auteur. Un auteur écrit en fonction de la culture qui est la sienne et donne un regard culturel sur une histoire. Un livre bilingue présente généralement avec une seule histoire présentée avec deux langues. Comme chaque langue est associée à une culture, comme chaque culture a sa langue, il me semble difficile de présenter une même histoire avec deux langues en même temps – une traduction, c’est autre chose. 
Certains diront que cela permet une sorte de passerelle entre deux langues. Certes, mais ils n’aident pas à l’assimilation de la langue maternelle. Ils ne peuvent être utiles que dans un cadre d’apprentissage de la langue, mais pas dans un cadre familial. Ils permettent aux enfants monolingues d’apprendre une langue. Les livres bilingues s’adressent d’en général et principalement à des enfants qui apprennent les langues.

En aucun cas, je les pense utiles aux enfants bilingues. Votre enfant vit déjà avec plusieurs langues au quotidien. La lecture dans les deux langues (séparées) ne peut que l’aider à développer sa perception de ces langues et le plaisir qu’elles offrent. Quand il lit avec Papa ou Maman, il n’est pas à l’école. Il découvre les cultures de ses parents via les histoires et les langues de ces derniers. À chaque histoire correspond une langue. Si vous vivez à l’étranger et que vous souhaitez que votre enfant découvre comment on vit dans le pays de son passeport, c’est la langue de celui-ci qu’il faut lire. Un enfant qui lit associe l’image qu’il voit au texte qu’il lit ou qu’on lui lit. Et donc en lisant un livre dans une langue spécifique, avec des images correspondantes, il pourra s’imaginer ce que font et vivent ses cousins lointains.

Certes, la lecture doit faire fonctionner l’imaginaire. Par exemple, si on raconte en français, l’histoire d’un petit garçon en Afrique. Le point de vue sera celui d’un Français. Il découvrira le vocabulaire français pour décrire ce petit garçon et en même temps les points de vue liés à cette langue. Les Britanniques parleront de ce même petit garçon africain d’une manière autre, avec un autre vocabulaire et s’intéresseront à d’autre aspects de la vie de ce petit garçon. Deux histoires, deux livres différents, deux langues.

Un autre bon moyen de développer le vocabulaire de votre enfant est d’utiliser les dictionnaires imagiers. Il en existe de très nombreux. Ils ne sont en général pas très épais. Si les mots sont écrits dans les deux langues en-dessous de chaque image en suivant l’alphabet d’une des deux langues, il peut ainsi grâce à l’image découvrir le mot dans ces deux langues. Si en plus, il y a une petite phrase traduite, c’est encore mieux, car on a le mot en contexte. Plus votre enfant feuillettera cet imagier, plus il apprendra de mot, mieux il saura les écrire.


Pour résumer, lire est important pour développer la langue, la musique et la langue et tout ce que la langue cache comme la culture associée à celle-ci. Éviter les livres bilingues qui n’aideront en rien à l’apprentissage de la langue dans laquelle on se trouve. Il vaut donc beaucoup mieux lire des livres dans une seule langue car ils renferment beaucoup plus de trésors que l’on ne l’imagine.

New Perspectives on Translanguaging and Education

I have just read the book “New Perspectives on Translanguaging and Education”, edited by BethAnne Paulsrud, Jenny Rosén, Boglárka Str...